De nos jours, le CBD est de plus en plus considéré comme un médicament miracle et a montré son efficacité pour traiter l’épilepsie, atténuer l’anxiété, améliorer les symptômes de l’arthrite et réduire le risque de diabète. Que vous en preniez sous forme de teinture, le fumiez sous forme de fleurs, ou l’avaliez en comprimés, le CBD est un merveilleux avantage pour les personnes soucieuses de leur santé. Mais peut-on en prendre trop ? L’ingestion régulière de ce cannabinoïde peut-elle développer une tolérance à ses effets positifs ?

Pour répondre à ces questions, nous commencerons par un bref aperçu de comment la tolérance fonctionne.

QU’EST-CE QUE LA TOLÉRANCE ?

La tolérance est le processus par lequel on doit augmenter sa consommation d’une drogue pour obtenir les mêmes effets qu’au début. La tolérance se distingue de la dépendance ou de l’accoutumance, qui est l’usage compulsif d’une drogue, ou le besoin de continuer à prendre une drogue pour se sentir « normal ». La tolérance peut se former par de multiples mécanismes : cellulaire, quand la cellule devient moins sensible à la substance ; métabolique, quand moins de substance atteint le site d’interaction ; comportemental, quand l’utilisateur s’habitue aux effets de la substance.

Tolérance du THC

UN REGARD SUR LE THC

Comme l’attestent les fumeurs d’herbe, l’utilisation régulière de THC augmente la tolérance : les fumeurs chevronnés consommeront plus que les nouveaux utilisateurs. De plus, la tolérance se développe de façon inégale et varie également en fonction de la physiologie individuelle. Ainsi, plus on fume, plus l’expérience globale sera différente. Beaucoup de consommateurs réguliers font des pauses, ou passent d’une variété à l’autre pour recharger leur tolérance après une forte consommation.

La tolérance au THC se produit principalement à travers les cellules. Le THC agit en se liant aux récepteurs CB1 dans le cerveau. Lorsque cela se produit de façon répétée, les cellules tentent d’inverser l’effet et de maintenir une activité CB1 normale. Elles y arrivent de deux façons : la première est appelée désensibilisation, quand les récepteurs CB1 ont plus de mal à se lier aux cannabinoïdes. La deuxième façon s’appelle l’internalisation. C’est le processus par lequel les récepteurs CB1 sont tirés de la surface de la cellule vers son intérieur ; contrairement aux récepteurs désensibilisés, qui peuvent encore être activés par le THC, bien que dans une moindre mesure, les cellules internalisées deviennent totalement insensibles.

Le CBD, cependant, est différent. Contrairement au THC, il n’est pas psychoactif, mais peut favoriser une sensation de détente. Le CBD est responsable d’un grand nombre de bienfaits pour la santé associés au cannabis. Il a également des effets différents sur votre système endocannabinoïde, et un profil de tolérance très différent de celui du THC.

LE CBD ET VOTRE SYSTÈME ENDOCANNABINOÏDE

Le CBD a une relation différente avec le CB1 que les autres cannabinoïdes, agissant comme antagoniste. Grâce à une forme d’activité appelée modulation allostérique négative, le CBD réduit l’affinité de liaison des récepteurs CB1, ce qui les rend moins sensibles aux autres cannabinoïdes. Ainsi, les effets du CBD agissent dans la direction opposée du THC : au lieu de sur-activer votre système endocannabinoïde, cela lui donne du répit. En fait, de nombreux problèmes liés au système endocannabinoïde peuvent découler du fait qu’il s’agit d’un système hyperactif, causant des problèmes comme de l’anxiété et une suralimentation.

Le CBD augmente également les endocannabinoïdes naturels de l’organisme, car il est en compétition avec eux pour les protéines de liaison qui les décomposent tous les deux. Le CBD peut être considéré comme une sorte d’inhibiteur du recaptage des endocannabinoïdes.

Cette combinaison de récepteurs CB1 antagonistes et d’endocannabinoïdes naturels augmentent les effets caractéristiques du CBD : détente, concentration, et « état de bien être ». Mais est ce que ce profil d’effets peut être générateur de tolérance ?

Interaction CBD

LES PREUVES

Des **études semblent suggérer que le CBD n’entraîne pas de tolérance et peut en fait avoir des effets de tolérance inversée ; en d’autres termes, la prise régulière de CBD peut entraîner une diminution des besoins en cannabinoïdes pour obtenir les mêmes résultats. Il semblerait que les cellules CB1 ne résistent pas à la modulation allostérique négative de la même manière qu’elles résistent à la stimulation directe intense. De plus, étant donné la relation spécifique du CBD avec les récepteurs CB1, il aide probablement à moduler le modèle de formation de tolérance du THC. Les fumeurs de cannabis préoccupés par la tolérance seraient avisés d’ajouter un peu de CBD à leur régime de cannabinoïdes.

Plus de recherches sont nécessaires pour confirmer l’hypothèse de la « tolérance inversée », mais les preuves suggèrent que les utilisateurs de CBD n’ont probablement pas besoin de s’inquiéter concernant la tolérance. C’est assez remarquable, surtout compte tenu du vaste éventail d’effets médicinaux du CBD ; bon nombre des problèmes qu’il résout sont actuellement traités par des produits pharmaceutiques lourds qui sont eux-mêmes à l’origine d’effets de tolérance. L’absence de tolérance au CBD est un autre point fort en faveur de ce miraculeux cannabinoïde.

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