S’il y a une chose que prouve le travail de David Bienenstock, c’est l’importance du cannabis dans l’histoire de l’humanité. Découvrez cet entretien avec ce journaliste prolifique et respecté, animateur de podcast et spécialiste du cannabis.

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1. Quel rôle joue le cannabis dans l’histoire européenne et étasunienne ?

Le plus important, je pense, c’est en fait une idée fausse qu’un tas de gens ont, ce serait que la culture cannabis a commencé avec les hippies dans les années 60. Bien sûr, les hippies fumaient beaucoup de weed. Mais le cannabis en tant que culture globale remonte à des milliers d’années. Il faut regarder là où tout a commencé : cela pourrait être en Chine, en Inde, Au Népal. On sait tous qu’en remontant assez loin dans l’histoire de la plante, on lui trouvera un ancêtre commun. Peu importe le nombre de différentes variétés que l’on trouve aujourd’hui, tous ces différents hybrides, tous ne remontent qu’à une seule plante qui s’est répandue et a évolué aux côtés des humains par le biais des routes commerciales.

Et bien sûr, j’ai déjà rencontré des gens qui, en tant qu’individus, n’appréciaient pas le cannabis. Mais je n’ai jamais vu de groupe de personnes ou de culture ayant accès au cannabis qui ne l’appréciaient pas en tant que médecine, manière de planer, source alimentaire à partager ou bien sûr encore pour ses usages industriels. Je pense que le plus important à comprendre au sujet de la culture du cannabis aux États-Unis et en Europe, c’est qu’elle fait partie d’une très longue tradition.

Bien sûr, le plus intéressant en ce moment, c’est l’effondrement de la prohibition, c’est mettre fin à ce terrible système raciste et oppressant qui arrête les gens qui profitent d’une plante qui leur est bénéfique. Cela s’accompagne d’une autre fausse idée que les gens ont souvent : que la weed a toujours été illégale, que la société et le pouvoir ont toujours été en sa défaveur. Ce n’est tout simplement pas vrai.

La prohibition est quelque chose de relativement récent si l’on se place du point de vue des millénaires d’histoire. Il faut donc commencer à voir le système de prohibition comme une anomalie, comme quelque chose de terriblement mauvais. Au fur et à mesure que les lois changent et permettent plus de liberté de consommation de cannabis, que l’on arrête d’arrêter des gens et que l’on se met à profiter des bienfaits de la plante, on s’intéresse aussi à notre société, particulièrement aux États-Unis (surtout, surtout aux États-Unis), car c’est le gouvernement de ce pays qui a joué un rôle central dans la prohibition internationale. Comment ? Pourquoi ? Quelle folie a mené à des centaines de milliers d’arrestations, voire des millions, pour les empêcher de profiter d’une plante qui leur était bénéfique ?

Je pense que, maintenant que nous observons avec entrain la légalisation et la fin de ces arrestations, il faut aussi nous poser ces questions et ne pas oublier. Vous savez, je vous parle depuis la Californie. J’m’apprête à allumer un joint. C’est totalement légal. Je cultive dans mon jardin, je peux aller en dispensaire. Mais il ne faut pas oublier quelle partie du monde vit encore sous la prohibition ne jamais arrêter d’avance vers un monde où tout le monde sera complètement libre.

2. Qu’est-ce que vous pensez des célébrités qui fument des spliffs ? Vous pensez qu’elles sont épargnées des stigmates qui entourent le cannabis, ou bien sommes-nous tous et toutes logé·e·s à la même enseigne face aux attitudes négatives à l’encontre du cannabis ?

Dans mon esprit, les célébrités se distinguent en deux catégories. Je pense que certainement pour des raisons culturelles, le fait de profiter du cannabis et de parler des points positifs de la plante est une forme d’activisme. Alors les personnes qui font cela, qui ont été identifiées avec la plante il y a quelques années prenaient certainement plus de risques.

J’ai travaillé pour le High Times Magazine il y a 20 ans. Je n’ai plus de liens avec eux désormais. Mais il était toujours difficile d’obtenir des interviews ou simplement de prendre une photo juste tenant un joint, car les personnes en question ressentaient un risque non seulement d’arrestation, mais aussi de perte de leur statut professionnel : vous pouviez perdre votre travail, votre licence. Alors je pense en effet que la culture est très importante pour changer les lois. Je pense que c’est une forme d’activisme. Mais j’ai une bien plus haute estime pour les personnes qui s’impliquent réellement et essaient de faire changer les lois en usant de leur célébrité. Vous savez, on voit beaucoup de gens lancer des entreprises et bien sûr, le but premier est de faire de l’argent. Et ouais, en vrai, j’ai jamais fumé une weed de célébrité qui était bonne.

Qu’est-ce que vous pensez des célébrités qui fument des spliffs ?

Pour moi, les célébrités de la weed sont les personnes qui savent la faire pousser à la perfection, ou encore celles qui savent sélectionner une nouvelle variété de cannabis. Je viens juste d’être impliqué dans un projet où on a réalisé un tas de vidéos pour l’anniversaire de Willie Nelson. Avec « Great Moments in Weed History », mon podcast, bah on a été embauché par l’équipe de Willie Nelson pour faire des vidéos afin de célébrer ses 60 ans de fumeur de weed et aussi quelqu’un qui a toujours parlé des bienfaits du cannabis, quelqu’un qui a toujours milité contre les arrestations, quelqu’un qui lorsqu’il a lancé sa propre entreprise, s’est fourni en cannabis auprès de petits producteurs et de personnes qui en produisent depuis des décennies.

Je pense que c’est un superbe exemple d’emploi de notoriété pour s’adresser directement aux gens. Je pense que ça, c’est vraiment bénéfique. Un tas de personnes, consciemment ou inconsciemment, ont vu leur attitude concernant le cannabis changer de manière positive ces dernières années.

3. Si le cannabis a commencé par une « philosophie hippy », pourquoi penser qu’il est désormais un secteur si important ?

Eh bien, vous savez, nous vivons dans un système capitaliste et ce système (attention spoiler) viendra favoriser les personnes avec du capital. Il pousse à l’acquisition d’encore plus de capital. Alors, dans le système clandestin, durant la prohibition, le cannabis était bien sûr vendu et acheté, produit et distribué, sujet à la loi de l’offre et de la demande : tous ces principes économiques de base étaient appliqués. Mais il n’y avait pas les mécaniques de marché libre capitaliste telles que pratiquées de nos jours aux États-Unis et dans la plupart de l’Europe.

"À chaque fois qu’on achète du cannabis que ce soit dans un magasin ou auprès d’un dealer selon où l’on vit, c’est de prendre une décision en ce qui concerne le monde dans lequel on veut vivre."

On voit de nos jours des gens débouler dans le monde du cannabis qui, honnêtement, n’ont absolument rien fait pour aider à mettre un terme à la prohibition, qui n’ont pas de véritable amour ni de vraie compréhension du cannabis, ils n’ont même pas de lien avec cette culture. De certaines manières, ces personnes devraient être désavantagées pour leur absence de connaissance de la plante. Mais en raison de ce système appelé capitalisme, le simple fait d’être riche vous donne déjà un énorme avantage pour vous faire une place dans cette industrie naissante. Alors qu’elle se développe, vous pouvez utiliser votre capital pour vous imposer, créer des parts de marché pour vous-même et tout simplement dégager un tas de gens qui étaient (vous savez, ici en Californie du Nord c’est courant) des cultivateurs de troisième voire de quatrième génération dans les hauteurs.

Si vous allez dans des lieux tels qu’au Maroc, où la culture du cannabis et la production de hasch remontent vraiment loin en arrière, vous aurez une ligne directe avec des milliers d’années d’histoire, en plein milieu des montagnes du Rif, comme c’est le cas dans certains lieux en Inde ou au Népal. Je pense qu’en termes de culture du cannabis, c’est là que nous avons nos points forts, nous disposons d’une culture globale très forte et habituée à lutter contre (excusez-moi du terme) un tas de conneries.

Mais lorsqu’on s’intéresse à l’économie qui l’entoure, on sait qu’on s’apprête à rentrer dans une période semblable à celle de la ruée vers l’or. On va surement voir un tas de gens balancer tout leur pognon pour tenter de faire une percée. Je pense que la meilleure chose à faire c’est : à chaque fois qu’on achète du cannabis que ce soit dans un magasin ou auprès d’un dealer selon où l’on vit, c’est de prendre une décision en ce qui concerne le monde dans lequel on veut vivre. Achetez du cannabis aux cultivateurs que vous voulez voir réussir. Et si ce que vous voulez, c’est qu’un tas d’entrepreneurs à mord-moi-le-nœud viennent contrôler le cannabis, que ces gens qui contrôlent déjà les banques et le pétrole viennent vous vous vendre leur cannabis pourri, alors achetez-le. Si c’est le cas, pas de souci, y’aura du monde pour vous en vendre.

4. Les gens ont-ils vraiment à cœur de savoir d’où le cannabis qu’ils consomment provient ?

Eh bien, je pense que si vos choix sont entre rien et quelque chose, alors les gens ont tendance à choisir quelque chose, et je me mets également dans ce groupe. Mais ce n’est pas le choix que je demande aux gens de faire.

Si vous vivez quelque part où il est très difficile d’accéder au cannabis, que vous disposez de peu d’options où que trouver du cannabis vous mette en danger, alors prenez le premier venu : vous le méritez. Tous les humains méritent d’avoir accès au cannabis et personne ne vous demande de changer cela. Mais si vous avez la chance de vivre quelque part où vous disposez d’options, où vous avez la possibilité de savoir d’où vient votre cannabis, alors je pense que les gens feront les bons choix.

Ici en Californie, c’est particulièrement le cas, un tas de cannabis cultivé sous le soleil vient de magnifiques fermes tenues par des gens qui adorent cette plante. Leur weed n’est pas plus chère que celle toute pourrie industrielle d’intérieur. Elle ne l’est tout bonnement pas. Alors c’est vraiment une opportunité de faire de l’éducation. Et c’est déjà en cours. Vous savez, je veux dire (je sais que cette émission est internationale) je veux donner espoir aux gens, vous savez, on voit tous les jours des gens qui veulent en savoir plus sur la provenance de leur cannabis afin de faire des choix éclairés. Et un des bons points de la disparition de la prohibition, c’est qu’il est plus simple d’accéder à ces informations et plus simple de mettre un nom et un visage sur les producteurs.

Quand j’ai commencé à écrire sur la weed, c’était frustrant d’une certaine manière, d’avoir à portée de main tous ces superbes producteurs, mais de ne pas pouvoir parler d’eux. Souvent, il m’était impossible d’écrire sur ces gens, je ne pouvais pas partager l’histoire de leur vie. Je ne pouvais pas écrire sur comment ils se sont retrouvés où ils sont aujourd’hui, pourquoi faire le choix de cultiver cette plante. Vous savez, tout le monde était très inquiet (et à raison) d’être arrêté et faire confiance à un journaliste pour lui raconter son histoire sans qu’il révèle son identité était osé. De nos jours, en Californie du moins et dans un tas d’autres États et pays du monde, les choses changent et c’est une opportunité énorme pour faire de l’éducation.

Les gens ont-ils vraiment à cœur de savoir d’où le cannabis qu’ils consomment provient ?

On peut dire que lorsque les gens ont accès à cette éducation, que lorsqu’ils ont le choix, c’est le cas. Même si certains choisiront toujours ce qui est le moins cher ou le plus puissant. Et dans un sens, c’est leur droit. Et je ne parle même pas des gens qui se fichent du cannabis et de sa provenance. Mais si c’est votre cas, c’est ce genre de trucs que je dirais, le plus grand avantage de la légalisation, c’est de ne pas se faire arrêter. La deuxième meilleure chose avec la légalisation, c’est être capable de profiter d’une connexion plus profonde avec le cannabis et sa provenance.

Si vous vivez quelque part où vous avez le droit de cultiver votre propre cannabis, c’est l’idéal et peu importe où vous vivez (si vous vivez dans un endroit légal ou en cours de légalisation) engagez-vous et militez pour vos droits, comme par exemple le droit de cultiver disons 6 plantes à la maison ainsi qu’un cadre légal qui favoriserait les petits producteurs, qui favoriserait les gens de votre communauté qui sont impliqués depuis longtemps et qui ne viendra pas donner un avantage de plus aux gens fortunés qui ne pointent le bout de leur nez que lorsqu’il y a des bruits de gamelle.

Si vous attendez que les lois changent, alors ce sera toujours trop tard. Je sais que c’est le cas d’un tas de gens, vous faites peut-être partie de quelque chose qui est hors la loi pour l’instant et qu’en prenant parti, vous craignez d’attirer l’attention sur votre cas. C’est clairement un argument valide. Si vous pensez qu'être un activiste vocal viendra mettre en péril votre famille, c'est alors très sérieux. Mais pour tous les autres, cela rend la chose encore plus importante, militons et combattons pour la fin de la prohibition et de la répression, pour créer un nouveau système qui reflète les valeurs de notre communauté et non pas un qui rendrait les riches encore plus riches.

5. Si vous deviez prendre une décision, que choisiriez-vous de consommer : des variétés THC ou CBD ?

Je choisirais le THC. Parce que j’aime planer et aussi parce que le THC est hautement médicinal. Vous savez, une autre idée fausse que les gens se font et que les gens qui vendent du CBD ont alimentée, c’est que « le THC fait planer et le CBD soigne ». Ce n’est encore une fois pas vrai. Le THC a un potentiel médical puissant et prouvé, tout comme le CBD.

Alors vous savez, ce qui c’est en fait passé, c’est que lorsque notre compréhension du CBD était moindre, un tas de sélectionneurs ont sélectionné des plantes très très riches en THC, tout le monde le savait et adorait ça. Mais par la même occasion, il y eut une antisélection involontaire du CBD dans les gènes du cannabis, car le CBD vient en fait apaiser le high du THC. C’est l’une des raisons pour lesquelles quand je vais dans un dispensaire ici, je choisis des comestibles ayant un ratio 1:1 CBD:THC. Je les trouve très relaxants et ils me détendent bien. Je n’ai pas à m’inquiéter de planer trop haut, c’est juste parfait pour moi. Mais il a bien fallu trouver les plantes.

Cela remonte à une dizaine d’années, lorsque les tests en laboratoire ont commencé en Californie, lorsqu’un tas d’échantillons de cannabis étaient envoyés à un laboratoire d’analyse pour savoir tout d’abord s’ils contenaient des pesticides ou de la moisissure, puis pour en tester la puissance. Ce que l’on voyait, c’était des plantes avec 20–25 % de THC et 0,01 % de CBD. Alors pour réintroduire le CBD dans le patrimoine génétique, ils ont identifié les très rares échantillons qui contenaient même 2 à 3 % de CBD. Beaucoup du travail de sélection devint la création de variétés riches en CBD. La même chose avait lieu en même temps en Espagne. Donc, en tant que culture et communauté, nous avons en effet redonné vie aux variétés CBD. Désormais c’est bien sûr une manière pour un tas de gens d’accéder aux bienfaits médicaux du cannabis si l’on vit dans une zone où les plantes riches en THC restent interdites.

Mais idéalement, tout le monde devrait avoir accès à toutes les formes de cette plante ainsi qu’à tous ses cannabinoïdes. Ne laissez personne vous dire que l’accès au CBD résout le problème pour les consommateurs médicaux, ce n’est clairement pas la forme la plus puissante de cette plante. Il n’est pas le remède le plus efficace pour tous. Cela reste très individuel et il faut un accès simplifié pour savoir ce qui offrira les meilleurs résultats.

Si vous deviez prendre une décision, que choisiriez-vous de consommer : des variétés THC ou CBD ?

6. Partagez-nous une bonne anecdote d’un moment où vous planiez entre amis.

Oh bah la… J’écris sur le cannabis depuis plus de 20 ans. Je suis l’hôte d’un podcast appelé « Moments in Weed History » depuis plus de 4 ans avec mon partenaire dans cette émission, Abdullah Saeed, que vous connaissez peut-être de l’émission Bong Appétit ou de High Maintenance sur HBO.

Alors, l’émission avait déjà de multiples spéciaux 420 à son actif pour le 20 avril. Dans l’une d’elles, nous avions passé en revue l’histoire du 420 en lui-même, qui a commencé avec quelques potes en Californie et qui est rapidement devenu un meme sur internet. Ça remonte aux années 1970. Mais nous avons fait un épisode il y a deux ans où l’on racontait en quelque sorte nos meilleurs moments de l’histoire de la weed. Je dirai donc que je ne manque pas d’histoires sur la weed et que c’est le lieu parfait pour y accéder.

7. Donnez-nous une astuce de pro pour bien fumer de la weed, une que l’on ne connait pas encore !

Alors là, je sais pas, mais je pense que le plus important si vous découvrez le cannabis en termes de consommation, c’est juste de commencer par peu. Impossible de se tromper avec de faibles doses que vous augmenterez lentement, par palier, jusqu’à atteindre les effets recherchés. Tout est vraiment une question d’individu.

J’veux dire, prenez le temps d’en apprendre autant que possible au sujet de la plante en ce qui concerne son ingestion. Je pense qu’une bonne partie de l’implication dans la culture du cannabis consiste à s’auto-éduquer. J’veux dire, je trouve que cette plante et cette culture ont vraiment quelque chose de très fascinant. Mais j’en reviens toujours à ses bienfaits pour ma part. Et durant toutes ces années à enquêter et écrire sur le cannabis, je n’ai fait qu’être encore plus fasciné par cette plante. Je pense que c’est une très belle communauté. Vous pouvez découvrir la plante comme bon vous semble, si vous en avez besoin de manière médicale, profitez-en ainsi, mais si vous êtes intéressé par la weed et sa culture, c’est top.

Vous savez, c’est un remède incroyable. Souvent bien plus efficace que les produits pharmaceutiques pour un tas de troubles et pour comprendre la science derrière cela, commencez par vous intéresser au système endocannabinoïde dans nos corps. Vous pouvez jeter un œil aux études et articles scientifiques pour comprendre d’où viennent les bienfaits. Ou bien vous pouvez vous contenter de profiter de ces bienfaits. Tout dépend vraiment de vous. Il en va de même avec tout ce qui touche à la culture cannabis : si vous voulez fumer seul parce que cela vous fait du bien, mais que vous ne souhaitez pas partager cette expérience avec d’autres gens : ainsi soit-il. Mais si vous allez plus loin, vous verrez que beaucoup de gens, issus de beaucoup de milieux et des quatre coins du monde partagent une passion pour cette plante : c’est un super moyen de se rapprocher des autres.

8. Pensez-vous que la société changerait si le cannabis était légalisé partout ?

Oui. Je pense qu’on a déjà vu ça. Et je pense que votre question va plus loi que l’évident « on arrêterait plus les gens pour rien ». Mis à part se débarrasser des mauvais côtés de la prohibition, je pense que la société et le monde seraient meilleurs. Je suis quelqu’un qui apprécie un verre de temps en temps. Mais beaucoup de gens luttent contre l’alcool. Notre société au moins aux USA et au Royaume-Uni est absolument basée autour de l’alcool comme moyen de socialisation.

Vous savez, toutes les activités sociales dans nos cultures ont des traces d’alcool. C’est la base de nombreux problèmes. Ça ne veut pas dire qu’il faudrait interdire l’alcool, ça a déjà été fait aux USA. Cette interdiction a échoué pour les mêmes raisons que la prohibition du cannabis est un échec. Donner une autre option aux gens pour s’éloigner de l’alcool est déjà énorme. Je pense qu’il y a aussi juste une gentillesse et une compassion inhérentes à l’expérience du cannabis et à la culture du cannabis qui font cruellement défaut dans la culture dominante, et que nous devons apporter avec nous par le biais de la légalisation.

J’veux dire, j’aime dire que le cannabis n’est pas le meilleur remède pour ne pas être un vrai trou du cul, mais que c’est déjà un bon début. Je pense qu’il agit au niveau macro, au niveau individuel. Lorsque l’on s’intéresse à certains des plus gros problèmes de la société, un tas d’entre eux sont des problèmes d’esprit. Beaucoup sont des problèmes de conscience. Beaucoup sont centrés sur la compétition et la cupidité, sur l’envie et sur l’avidité. Si l’on pouvait passer à quelque chose qui engendrerait vraiment des sensations de connexion et de compassion, la société en tirerait un profit énorme.

Pensez-vous que la société changerait si le cannabis était légalisé partout ?

9. Instigueriez-vous un âge minimum pour consommer du cannabis ?

Eh bien, ma première réponse est : certainement pas pour un usage médical. Ces 5 dernières années, nous avons vu à quel point l’épilepsie pédiatrique et les autres troubles épileptiques répondaient bien au cannabis. J’ai personnellement travaillé sur ce sujet et rencontré de nombreuses familles dont les enfants, de jeunes enfants, souffraient de centaines de crises d’épilepsie par mois et qui avaient essayé tous les médicaments, toutes les chirurgies, toutes les formes de thérapie qui se sont révélées inefficaces. De petites quantités de cannabis concentré ont été en mesure de mettre immédiatement un terme à ces crises.

Grâce aux superbes résultats sur le long terme que l’on observe désormais au Royaume-Uni, où il y a GW Pharmaceuticals qui a créé Epidiolex, mais ils n’ont pas inventé le cannabis et ne sont même pas précurseurs de son utilisation dans ce contexte. Les vrais pionniers étaient des gens qui ont fait des tests, souvent par désespoir, mais aussi parce que d’autres personnes ayant auparavant travaillé avec cette plante savaient que ce serait plus efficace ou au moins moins nocif que les médicaments. Et pas seulement pour dire que ça va, mais pour s’assurer que les gens comprennent que c’est une option et qu’elle devrait être, franchement, essayée avant un grand nombre de produits pharmaceutiques potentiellement beaucoup plus nocifs.

Pour ce qui est de planer, je dirais la chose suivante : il y a des preuves que sur les cerveaux plus jeunes en développement le cannabis peut avoir des effets néfastes. Je peux aussi vous dire que lorsque j’étais plus jeune, le cannabis m’a beaucoup aidé. Alors je ne souhaite juger personne. Je pense que la loi sera ce qu’elle sera. Je ne vois clairement pas la loi passer sous la barre des 18 ans. Je pense, personnellement, que 18, c’est plutôt bien. Pour la loi en tout cas, les gens peuvent prendre des décisions par eux-mêmes. Bien sûr, l’accès doit être possible pour les enfants qui en ont besoin dans un but médical.

"Je pense qu’il y a aussi juste une gentillesse et une compassion inhérentes à l’expérience du cannabis et à la culture du cannabis qui font cruellement défaut dans la culture dominante, et que nous devons apporter avec nous par le biais de la légalisation."

10. Comment éviter un mauvais high sous cannabis ?

Ne fumez pas trop. Faites très très attention avec les produits comestibles. Vous savez, quand vous fumez ou que vous vaporisez, les effets sont rapides et quasi instantanés. Et si vous vous contenez, vous pouvez vous contenter de quelques inhalations pour voir ce que ça donne, avant d’en reprendre d’autres. Par contre, une fois le brownie avalé, pas de marche arrière possible. Les effets peuvent mettre du temps à se faire ressentir. Ils peuvent prendre jusqu’à 1 heure ou si vous avez mangé tout un repas, jusqu’à 90 minutes avant qu’ils n’apparaissent.

Et puis bien sûr, l’erreur classique que l’on a tous fait : « je ne sens rien, ça fait 30 minutes, j’m’en engouffre un deuxième ». Et là malheureusement, les mauvaises expériences ne manquent pas et ces gens pensent alors que le cannabis n’est pas fait pour eux.

Comme je le dis toujours, enfin, comme je le faisais quand on avait encore le droit de parler en public : « Bon, combien de personnes ici ont déjà eu une overdose d’alcool ? ». Et bien sûr, pour les gens, « une overdose d’alcool c’est synonyme de mort ». Sauf qu’une overdose, c’est avoir trop de quelque chose au point de se dire qu’on aurait voulu en consommer moins. Alors si vous vous êtes déjà retrouvé au-dessus des toilettes à vomir votre alcool, chose tellement courante qu’on y pense même pas, alors vous avez déjà fait une overdose. Vous en avez même vomi et peut-être même que vous vous êtes retrouvé aux urgences. Mais il reste vrai que des gens en meurent oui.

Et pourtant, tout le monde continue à boire et on l’espère, en tire des leçons de dosage. Ouais, personne qui boit un demi-verre de vin (d’adulte et en bonne santé) n’en tombe malade. Tout est une question de contrôle du dosage. Ce qu’il y a de bien avec le cannabis, c’est que vous ne subirez pas d’effets dangereux, vous ne finirez pas par exemple comme quelqu’un qui aurait ingéré trop d’alcool ou d’opiacés.

Mais cela dit, la meilleure manière d’éviter les mauvaises expériences, c’est prendre en compte le set and setting (cadre et environnement). Si vous êtes dans un lieu qui vous provoque beaucoup d’anxiété, entouré de gens qui vous provoquent aussi de l’anxiété, alors même si le cannabis peut selon la dose soulager de l’anxiété, alors écrivez une ou deux phrases à votre propre intention : pourquoi je consomme du cannabis ? Pourquoi maintenant ? Qu’est-ce que je veux en tirer ? Et traversez ce processus.

Je conseille cela aux personnes qui découvrent le cannabis. J’ai fumé un tas de weed. Je ne fais plus ça depuis bien longtemps. Mais si vous êtes novice ou si vous avez subi ces expériences et que vous voulez que les gens en voient les bienfaits, mais que vous avez aussi eu de mauvaises expériences : pensez vraiment en termes de dosage. Vous y arriverez.

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