By Adam Parsons


Pour l’Homme, le mot stress est associé à de nombreuses connotations négatives. Mais pour le cannabis, une certaine quantité de « bon » stress peut en réalité aider les plants à pousser en meilleure santé et à produire de plus grosses fleurs plus résineuses.

Mais comment savoir exactement quels types de stress sont bons pour les plants de cannabis et lesquels ne le sont pas ? Dans cet article, nous allons nous pencher de plus près sur les formes de stress bénéfiques et négatives pour le cannabis et comment utiliser les premières pour s’assurer que vos plants produisent les meilleures récoltes possibles.

Stress lié à l’arrosage — bénéfique et nuisible

Les plants de cannabis ont besoin d’eau pour survivre. Elle est non seulement nécessaire pour produire le glucose qui alimente la photosynthèse, mais la pression de l’eau aide également les plants à maintenir leur structure interne. S’ils n’obtiennent pas assez d’eau, les plants souffrent d’un ralentissement de la croissance, d’un flétrissement des feuilles et finissent par mourir complètement.

  • Stress nuisible

Cependant, le sur-arrosage peut être tout aussi nocif pour la santé d’un plant que le sous-arrosage : peut-être même encore plus. Un excès d’eau dans le substrat entraîne tout un éventail de problèmes, interrompt l’absorption des nutriments et ralentit la croissance du plant en infligeant des dégâts aux racines et en l’exposant à des pathogènes tels que les champignons, les bactéries et les nuisibles.

Chez RQS, nous conseillons absolument aux cultivateurs de pencher plutôt du côté du sous-arrosage, surtout si c’est leur toute première culture de cannabis. Pour de meilleurs résultats, nous vous recommandons de surveiller de près le sol de vos plants et de laisser les premiers centimètres de surface sécher complètement avant d’arroser de nouveau. Mais n’en faites pas trop non plus : laisser votre sol devenir totalement sec peut provoquer une quantité de stress nocive qui finira par ralentir leur croissance.

Stress lié à l’arrosage — bénéfique et nuisible
  • Stress bénéfique

Pour ce qui est des potentielles applications bénéfiques du stress hydrique pour le cannabis, certains cultivateurs aiment simuler des conditions de pseudo-sécheresse dans leurs cultures et affirment que la bonne dose de sous-arrosage aide à éviter les pathogènes et encourage les plants à développer plus de cannabinoïdes et de résine.

Le « choc à froid » est un autre type de stress lié à l’eau que certains cultivateurs aiment mettre en place. Il implique de rincer les plants à l’eau froide en fin de floraison, juste avant de récolter. Une fois de plus, la théorie derrière cette méthode est que le léger stress provoqué par le choc de l’eau froide sur les racines pousse les plants à produire plus de trichomes/résine dans les derniers instants de leur vie.

Stress lié à l’arrosage — bénéfique et nuisible

Stress des racines — nuisible

Le système racinaire d’un plant est vital pour lui. Sans des racines en bonne santé, vos plants ne pourront jamais soutenir une croissance végétative ou une floraison saine. Il est donc très important de prendre soin du système racinaire et de minimiser le stress sur cette partie vitale de l’organisme cannabis, en particulier au début du cycle de culture.

Stress des racines — nuisible

Parmi les éléments stressants les plus courants pour les racines de cannabis, on retrouve :

  • Sur ou sous-arrosage
  • Températures chaudes ou froides et fluctuations de température brutales
  • Sur-engraissage (brûlure des nutriments)
  • Mauvais pH du sol
  • Chignon racinaire
  • Fusarium, Pythium et autres types de champignons des racines

Les facteurs clés pour éviter le stress des racines sont :

Oxygène Les racines ont besoin d’oxygène pour créer de l’ATP, une molécule qui aide à transporter l’énergie moléculaire à travers l’organisme du plant. L’oxygène aide également à prévenir le développement de pathogènes dans le système racinaire.
La bonne température Les racines de cannabis préfèrent une température de 24 °C en terre et entre 19 et 25 °C en hydroponie. À ces températures, la respiration racinaire et l’absorption des nutriments sont les plus efficaces.
Assez d’eau et de nutriments Les racines poussent en quête constante de nutriments et d’eau pour alimenter la croissance du plant. Avec l’expansion du système racinaire, vous allez devoir suivre un planning d’arrosage et d’apport en nutriments qui distribue assez d’eau et de nutriments pour favoriser un développement robuste, sans sur-alimentation ni sous-alimentation.
Un récipient de la bonne taille Si vous choisissez de faire pousser dans des pots, vous allez devoir vous assurer que chaque plant a assez d’espace pour étendre son système racinaire. Si le récipient est trop petit, les plants rencontreront rapidement un chignon racinaire, ce qui peut entraîner tout un éventail de problèmes et restreindra le développement de vos cultures en général. Commencez donc par un pot assez grand pour supporter tout le cycle de vie ou rempotez dès que nécessaire pour donner à la partie souterraine de vos plants l’espace pour respirer.

Stress lié à la lumière — bénéfique et nuisible

Le cannabis est une plante qui adore le soleil et chaque cultivateur d’herbe doit comprendre toute l’importance de donner à ses plants beaucoup de lumière de haute qualité tout au long du cycle de culture.

Une des raisons principales pour lesquelles la lumière est si importante pour le cannabis (et toutes les autres plantes en fait) est qu’elle est nécessaire à la photosynthèse. Si vous avez une bonne mémoire, vous vous souvenez peut-être de vos cours de biologie de lycée sur le fonctionnement de la photosynthèse. Mais si vous ne vous en souvenez pas, les bases sont assez simples : les plantes utilisent la photosynthèse pour transformer l’énergie lumineuse, l’eau et le dioxyde de carbone de leur environnement en glucose, qu’elles utilisent ensuite pour alimenter leur croissance. En bref, la lumière est la source d’énergie la plus importante pour les plants de cannabis.

Afin de pouvoir correctement réaliser la photosynthèse, les plants de cannabis ont besoin d’au moins 6 heures de lumière du soleil directe par jour. Si possible, 10–12 heures de lumière directe du soleil sont l’idéal. En intérieur, la plupart des cultivateurs donnent à leurs plants 18 heures de lumière pendant la phase de croissance végétative, suivies de 6 heures d’obscurité ininterrompue, qui sont tout aussi importantes pour la croissance des plants. Ensuite, quand vient la floraison, les plants passent à un planning d’éclairage en 12/12 en intérieur ou fleurissent naturellement à temps avec les saisons en extérieur.

  • Stress nuisible

Malheureusement, maîtriser la lumière pour le cannabis peut être assez difficile et le stress lumineux est probablement l’un des problèmes les plus courants qui sévit chez les cultivateurs (en particulier ceux inexpérimentés).

La principale forme de stress lumineux nuisible rencontrée par les cultivateurs est la brûlure lumineuse. Elle se produit lorsque vos lampes de culture sont trop chaudes ou positionnées trop près de vos plants, ce qui brûle la canopée.

La brûlure lumineuse est très facile à repérer, car elle provoque un recroquevillement vers le haut des feuilles de cannabis qui se referment sur elles-mêmes en essayant d’être moins exposées à la lumière. Avec le temps, la brûlure due à la lumière pousse les feuilles à devenir sèches, marron et friables. La brûlure lumineuse n’est pas une bonne forme de stress et elle devrait être évitée à tout prix, car elle détruit le feuillage sain et ralentit la croissance du plant.

Stress lié à la lumière — bénéfique et nuisible
  • Stress bénéfique

Alors que la brûlure lumineuse est nuisible à la santé du plant, il existe une manière d’utiliser un stress lumineux « sain » pour que sa croissance en bénéficie. Pour commencer, nous recommandons d’expérimenter avec la température de couleur/le spectre lumineux de vos lampes.

La photosynthèse se produit aux taux les plus élevés avec une lumière rouge, puis avec une lumière bleue. Pour obtenir les meilleurs résultats dans la culture en intérieur, nous recommandons d’utiliser des lampes avec un pourcentage de lumière bleue plus élevé pendant la phase végétative (pour favoriser la croissance de feuilles saines et de tiges solides), avec ensuite de la lumière rouge en phase de floraison (pour favoriser la floraison et la production de résine).

Si vous voulez pousser les choses un peu plus loin, vous pouvez choisir d’augmenter (un petit peu) les fréquences des rayons UV dans votre tente ou votre espace de culture en intérieur pendant la floraison. Certains cultivateurs pensent qu’une légère augmentation dans l’intensité lumineuse des rayons UVB peut booster la production de résine pendant la floraison. Mais allez-y doucement avec ces renforcements, car les rayons UVB sont très forts et peuvent brûler vos plants s’ils sont trop intenses.

La privation de lumière pendant la phase de fin de floraison est une dernière forme de stress lumineux bénéfique. Cette technique implique de priver complètement vos plants de lumière pendant 24/48 heures avant la récolte, ce qui est censé encourager la production de trichomes juste avant de récolter.

Stress lié à la lumière — bénéfique et nuisible

Température et humidité — bénéfique et nuisible

Les niveaux de température et d’humidité dans votre espace de culture en intérieur sont très importants et ont un impact direct sur leur capacité à pousser et à s’épanouir. Même si chaque variété est un peu différente, la plupart des cultivateurs s’accordent à dire que les meilleurs niveaux de température et d’humidité relative pour le cannabis sont les suivants :

  • 20–25 °C et 65–70 % d’humidité relative pour les semis
  • 22–28 °C et 40–70 % d’humidité relative pour les plants en végétation (ajustez l’humidité selon les génétiques)
  • 20–26 °C et 40–50 % d’humidité relative pour les plants en floraison

La plupart des variétés de cannabis préfèrent avoir des températures légèrement plus basses pendant la nuit. Quand c’est possible, essayez de réduire les températures de votre tente/espace de culture de 5–10 °C pendant que les lampes sont éteintes pour favoriser la respiration, l’absorption des nutriments et de l’eau et une solide croissance végétative.

  • Stress nuisible

Des températures trop élevées ou trop basses peuvent provoquer un stress lié à la chaleur et au froid, les deux affectant grandement la santé des plants. Le stress lié au froid poussera les plants à s’affaisser et à finir par flétrir : il s’agit là des effets secondaires de l’incapacité du plant à absorber des nutriments et de l’eau pour rester en vie.

Le stress lié à la chaleur possède des effets similaires (à savoir qu’il affecte la capacité du plant à absorber les nutriments et l’eau), mais il se manifeste différemment. Les plants souffrant de stress lié à la chaleur vont s’affaisser et avec le temps, leurs feuilles vont sécher et jaunir avant de mourir complètement. Une température et une humidité élevée peuvent aussi créer le milieu parfait pour accueillir des nuisibles et pathogènes qui peuvent détruire les feuilles saines et ruiner vos plants.

Température et humidité — bénéfique et nuisible
  • Stress bénéfique

Cependant, comme pour beaucoup d’aspects de la culture du cannabis, la bonne dose de stress lié à la température peut, dans certains cas, s’avérer bénéfique pour la santé des plants. Si par exemple vous utilisez un apport supplémentaire en CO₂ dans votre pièce ou tente de culture, vous pourrez augmenter la température, ce qui peut encourager les plants à absorber plus d’eau, de quoi alimenter la photosynthèse et la croissance.

De même, de nombreux cultivateurs utilisent le stress du froid dans les dernières semaines de floraison. Certains cultivateurs expérimentés ont découvert que le fait de baisser les températures dans un espace ou une tente de culture, de manière contrôlée et deux semaines avant la récolte, peut encourager les plants à produire plus de trichomes et de terpènes. Cela permettrait d’avoir non seulement des têtes plus puissantes, mais aussi plus aromatiques.

Température et humidité — bénéfique et nuisible

Stress lié aux nutriments ou aux engrais — nuisible

Donner au cannabis la bonne quantité de nutriments est extrêmement important. Alors que la plupart des marques d’engrais fournissent des instructions qui peuvent sembler assez simples, l’apport en engrais est souvent l’un des aspects les plus problématiques de la culture du cannabis. De nombreux cultivateurs se retrouvent soit à donner trop peu de nutriments, ce qui les fait récolter des têtes bas de gamme, soit trop, ce qui provoque une brûlure due aux nutriments.

La brûlure des nutriments se produit lorsque les plants sont exposés à plus d’engrais chimiques qu’ils ne peuvent en absorber. Avec le temps, les substances chimiques des engrais s’accumulent dans le sol, endommagent les racines et perturbent la capacité du plant à absorber l’eau et les nutriments par la suite.

Pour éviter la brûlure des nutriments, nous recommandons de rester sur des nutriments organiques, car ils sont plus difficiles à décomposer et à absorber, ce qui rend moins probable la brûlure due aux nutriments. Ensuite, suivez un planning d’apport en engrais rigoureux et gardez en tête que « le surplus n’est pas le bienvenu ».

Stress lié aux nutriments ou aux engrais — nuisible

Stress lié au pH — nuisible

Les plants de cannabis cultivés en terre ont besoin d’un pH compris entre 6 et 7. Le niveau de pH est une mesure de l’acidité ou de l’alcalinité d’un milieu. Des mesures plus élevées (au-dessus de 7) signifient que le sol est plus alcalin alors que des mesures inférieures à 7 indiquent un sol plus acide.

Le cannabis préfère être juste au milieu. Vous devez garder la terre, l’eau et les nutriments dans cette fourchette, au risque que le plant ne puisse pas absorber les nutriments – un phénomène connu sous le nom de blocage de l’absorption des nutriments – et peut être victime d’autres formes de stress.

Pour l’hydroponie, la fourchette idéale de pH est un peu plus basse – entre 5,5 et 6,5. Alors que les plants cultivés en terre peuvent supporter un peu plus de fluctuations, les problèmes liés au pH en hydro peuvent rapidement s’avérer désastreux pour vos cultures. Attention donc à bien vous assurer de mesurer votre solution et votre substrat avec un pH-mètre fiable.

Stress lié au pH — nuisible

Lésion des tissus — bénéfique et nuisible

La lésion des tissus est peut-être l’une des formes de stress bénéfique les plus couramment utilisées sur les plants de cannabis. Ceci dit, elle peut également provoquer des problèmes quand elle est réalisée incorrectement ou au mauvais moment.

  • Stress nuisible

Quand les plants souffrent de branches ou feuilles cassées, ils consacrent beaucoup d’énergie à la récupération. Une partie de cette énergie va à la réparation des tissus endommagés et une partie est dirigée vers le renforcement des défenses du plant contre les nuisibles et les pathogènes pouvant être attirés sur la zone endommagée.

Quand cela se produit, non seulement le cycle de vie du plant est rallongé pendant sa récupération, mais cela détourne également de l’énergie d’autres processus cruciaux. Parmi les causes courantes de lésion des tissus indésirable chez le cannabis, on peut citer le vent violent (surveillez les signes de brûlure due au vent dans la culture en extérieur), les gros plants aux parties supérieures trop développées cultivés dans de petits pots et les simples erreurs au cours de l’arrosage ou du déplacement des plants dans le jardin.

Même si vous pouvez vous permettre de faire quelques petites erreurs pendant la phase végétative, si vous brisez une grosse branche de têtes en fin de floraison, il n’y a pas grand-chose à faire.

Lésion des tissus — bénéfique et nuisible
  • Stress bénéfique

En revanche, le cultivateur peut également utiliser les lésions tissulaires à son avantage comme un moyen de favoriser l’absorption des nutriments, de rediriger la croissance du plant et d’augmenter l’exposition lumineuse sur ses autres parties. Ces techniques sont souvent désignées par les termes palissage à stress élevé et à faible stress. On peut citer quelques exemples :

  • Palissage à faible stress (LST ou Low Stress Training en anglais) : il s’agit de plier vers le bas et d’attacher les branches d’un plant pour l’encourager à pousser plus horizontalement. Beaucoup de cultivateurs utilisent également le LST pour augmenter la pénétration lumineuse sur tous les potentiels sites de têtes.
  • Défoliation : tailler les feuilles nourricières aide à accélérer la production de sucres dans les parties du plant qui en profitent le plus tout en augmentant également la pénétration lumineuse dans la canopée du plant, ce qui favorise un meilleur développement des têtes dans les régions inférieures du plant.
  • Étêtage, taille FIM, super cropping, lollipopping : ces techniques de palissage à stress élevé infligent un stress physique aux plants et les forcent respectivement à produire de multiples tiges, à absorber plus de nutriments ou à concentrer leur énergie sur les parties supérieures du plant. Tout ceci fait passer le turbo aux plants, ce qui donne au final une croissance plus vigoureuse et des récoltes plus grosses, meilleures et plus résineuses.

Gardez à l’esprit que le timing est clé avec le palissage des plants de cannabis. La plupart des cultivateurs s’accordent à dire que le stress peut être bénéfique pendant la phase végétative, mais qu’il doit être évité (en général) pendant la floraison pour ne pas perturber le développement des fleurs et de la résine. De plus, des niveaux de stress élevés en période de floraison pourraient déclencher un hermaphrodisme chez certains plants.

Lésion des tissus — bénéfique et nuisible

Repenser le stress du cannabis

Le cannabis est un plant extrêmement robuste. Même s’il pousse bien par lui-même, une bonne dose de stress contrôlé peut pousser les plants à se développer plus rapidement et avec plus de vigueur pendant la phase de croissance et à produire des fleurs plus grosses et plus résineuses pendant la floraison. Ceci étant dit, d’autres formes de stress sont à éviter et ne feront qu’endommager la santé et les récoltes de vos cultures. Faites donc toujours très attention quand vous manipulez des plants d’herbe stressés. Même si tout le monde peut tirer profit d’un petit coup de stress, il ne faut jamais aller trop loin.