La légalisation du cannabis en Occident suit lentement et c’est indéniable, surtout en ce qui concerne sa consommation médicale. Néanmoins, le cannabis reste stigmatisé, même en l’égard des consommateurs médicaux. Cette stigmatisation reste pour l’instant très présente.

Mais d’où vient-elle, pourquoi persiste-t-elle et sur quelles preuves (si preuves il existe) se base-t-elle ?

D’où provient la stigmatisation du cannabis ?

Parfois, on pourrait croire que le cannabis a toujours été détesté et que l’attitude du public à son égard ne change qu’aujourd’hui. Cela dit, nous sommes bien loin de la vérité. Le cannabis est adoré par presque toutes les cultures ayant croisé son chemin ces derniers milliers d’années.

Les premiers usages du cannabis remontent à l’Inde ou la Chine, où l’on suppose qu’il aurait joué un rôle significatif dans leurs cultures antiques. En effet, dans le nord de l’Inde, la consommation cérémonieuse du cannabis est encore une pratique commune de certains actes religieux.

Même dans des endroits où le cannabis est illégal, y compris dans des pays où les peines à son encontre sont extraordinairement sévères, cette herbe reste consommée quotidiennement de manière illégale.

Alors, vu l’amour que cette plante reçoit, pourquoi certaines personnes la détestent tant ?

  • Le début de la législation anti-cannabis

À peu de choses près, le fondement de toutes les législations antidrogues au monde eut lieu en 1925 lors de Convention internationale de l’opium de la Société des Nations. Le but de ce traité était principalement d’inverser la courbe d’abus de l’opium/héroïne et de la cocaïne qui était largement disponible, car ces substances n’étaient pas régulées. Cependant, le cannabis s’y retrouva emmêlé.

À la suite de cet événement, l’attitude globale envers le cannabis tourna rapidement au vinaigre, la plupart des journalistes s’accordent à désigner les USA comme à la tête de ce mouvement de prohibition. Aux USA, les attitudes envers le cannabis commencèrent à changer autour de 1900. Avant cela, le cannabis/chanvre y était l’une des cultures les plus populaires.

C’est à partir de ce moment que les médias américains commencèrent à diaboliser et stigmatiser la consommation du cannabis, à attribuer à sa consommation la violence, le crime et la dépravation sexuelle. Cette vieille propagande contre le cannabis s’est transformée avec le temps pour donner lieu à des stéréotypes négatifs aussi nombreux que délétères à l’encontre du cannabis et qui subsistent encore.

Étonnamment, la Californie fut en fait le premier État à bannir le cannabis en 1913. De nombreux États et villes suivirent le pas. Après cela, durant la Grande dépression de 1930, Harry J Ansliger, premier commissaire du Federal Bureau of Narcotics (FBN), essaya de faire porter le chapeau de l’effondrement du pays aux « Nègres, hispaniques, philippins et aux artistes » en citant la consommation du cannabis comme étant la cause « de la musique satanique, du jazz et du swing » et en proclamant que « le cannabis pousse les femmes blanches à rechercher des relations sexuelles avec des nègres, des artistes et bien d’autres ».

Puis, en 1966, le premier état à avoir interdit le cannabis (la Californie) légalisa le cannabis dans le cas de certaines maladies chroniques. Le combat par le cannabis médical était lancé. Le retournement de situation était lancé et depuis lors, la prohibition du cannabis ne fait que diminuer dans le monde occidental.

Le début de la législation anti-cannabis

Comprendre la stigmatisation

La stigmatisation est un concept complexe qui implique des relations entre individus, entre des individus et l’état, entre des individus et la culture, des individus et des sous-groupes d’individus (par exemple des groupes religieux).

La stigmatisation n’est pas un problème unique et binaire qui est soit présent soit absent. On dit parfois que les stigmates entourant le cannabis se sont dissipés et que sa consommation s’est normalisée, démocratisée

[1]. Cependant, des voix s’élèvent et disent que ces affirmations sont des généralisations simplistes tirées de sous-groupes plus petits de la société dans lesquels la consommation de cannabis est en effet devenu enracinée et acceptée.

Par exemple, même si les membres les plus jeunes de la population peuvent avoir accepté a consommation récréative et médicale du cannabis comme partie intégrante de leur quotidien, cela ne veut en aucun cas dire que c’est le cas de l’ensemble de la société.

La honte provoquée par cette stigmatisation se définit grossièrement[2] de la sorte : « partie de soi qui est socialement dévalorisée au point d’être considérée comme moralement offensante ». La normalisation est la négation de cela et non son opposé. Pour que quelque chose soit normalisé, il ne faut pas que cela soit perçu comme une qualité morale ou une vertu, simplement que cela soit accepté sans jugement moral.

La stigmatisation peut prendre de multiples formes. Globalement, il existe une stigmatisation sociale et institutionnelle.

La stigmatisation sociale est une affaire de jugement moral culturellement compris partagé entre des groupes d’individus. La stigmatisation institutionnelle est celle mise en place par l’état, on y range les réglementations antidrogues et la criminalisation des consommateurs de drogues ?

Pour autant, il est rare que ces deux catégories existent indépendamment, du moins sur une longue période. Tant que la loi interdit certains comportements, sauf dans des circonstances extraordinaires, il y aura de larges sections de la société qui seront d’accord avec cette interdiction et viendront transformer la stigmatisation institutionnelle en stigmatisation sociale. Puis, ces stigmatisations sociales peuvent soutenir les stigmatisations institutionnelles, car montrer une attitude intransigeante face ce qui est stigmatisé est une excellente manière de gagner des électeurs. De plus, les corps médiatiques montrent une tendance à faire proliférer ces perceptions.

De la même manière, les stigmatisations individuelles n’existent pas seules. D’autres stigmatisations et préjugés peuvent venir s’accumuler et donner lieu à encore plus d’effets délétères. Par exemple, la stigmatisation raciale et celle du cannabis. Les personnes racisées sujettes aux préjugés sociaux et institutionnels ont bien plus de chance d’être victimes d’une amplification des effets de la stigmatisation du cannabis que les autres.

En ce qui concerne la consommation médicale, nous pouvons voir comment la stigmatisation sociale dépasse la stigmatisation institutionnelle. Dans des pays où les lois ont changé et accueillent désormais des produits médicaux à base de cannabis, les consommateurs médicaux restent victimes de la perduration d’une stigmatisation sociale lancinante.

Mais il y a aussi un côté positif. Alors que le cannabis médical est de plus en plus normalisé au sein de certaines niches sociales, l’attitude générale à son encontre s’assouplit elle aussi. Ajoutez à cela une augmentation du corps de recherche scientifique qui soutient le potentiel médical du cannabis et cela devrait avec le temps venir réduire les stigmatisations institutionnelles à l’encontre du cannabis médical.

Comprendre la stigmatisation

Comment la stigmatisation affecte les consommateurs de cannabis médical ?

Malgré un énorme changement des attitudes envers le cannabis médical, sa consommation fait encore front à une opposition significative. La stigmatisation du cannabis est omniprésente, même lorsque des preuves démontrent son efficacité à bien des égards. Même dans certains pays où le cannabis médical est légal, sa prescription est souvent rare et hautement contrôlée.

Et même lorsque les consommateurs de cannabis médical peuvent accéder légalement à leur traitement, ils risquent de faire face à une forte résistance culturelle à leur encontre. La stigmatisation du cannabis est profondément enracinée, à tel point qu’il est impossible pour certaines personnes de croire à son efficacité médicale.

Les consommateurs de cannabis médical luttent contre de nombreux problèmes, tels que :

  • En qui avoir confiance ?
  • Comment faire pour acheter du cannabis médical ?
  • Comment le cultiver ?
  • Cela justifie-t-il de commettre un acte potentiellement criminel ?
  • Un joint et un bang peuvent-ils vraiment être médicaux ?

  • Prolifération médiatique de la stigmatisation du cannabis médical

Même de nos jours, il n’est pas rare de trouver d’étranges gros titres du genre « … le premier britannique à avoir attrapé le Covid meurt après avoir consommé de l’ecstasy, du cannabis et des cachets et partagé une bouteille de Jack Daniel's… » ce qui semble laisser supposer un rôle du cannabis dans la pandémie de COVID-19. De plus, la mention « d’ecstasy » et de « cachets » comme s’il s’agissait de deux choses différentes vient signaler soit un manque de connaissance soit une volonté de tromper. Ajoutez à ça la pauvreté de la construction de la phrase et la question suivante se pose : ces gros titres sont-ils mensongers ?

D’autres titres d’aucune utilité tels que « Un éminent psychiatre britannique avertit que la légalisation du cannabis donnerait lieu à des personnes souffrant de psychoses semblables à de la schizophrénie » ou encore des plaisanteries telles que « La vérité mortelle sur les raisons pour lesquelles le projet du maire de Londres de légaliser le cannabis est son idée la plus farfelue à ce jour »

  • Transformer les patients en criminel

Les conséquences de cette stigmatisation continue sont plus sévères qu’une simple difficulté d’accès à des têtes de haute qualité en magasin. Son effet le plus pervers tient dans le fait que les consommateurs de cannabis médical les plus légitimes, qui ressentent le besoin d’un traitement efficace voient ce dernier leur être interdit, voient l’accès sécurisé à leur traitement refusé et doivent à la place acheter ou cultiver de manière clandestine.

Alors, selon où elles vivent, non seulement ces personnes devront faire face à leur condition, mais aussi risquer des répercussions légales basées sur des préjudices archaïques.

Cultiver ou acheter du cannabis sous le manteau sera plus simple pour certaines personnes que pour d’autres. Si la personne concernée dispose d’ami ou d’une famille qui accepte et soutient de telles pratiques, alors tout pourrait ne pas être si noir. Cependant, pour ceux dont les connaissances perçoivent le cannabis comme le diable incarné, alors une maladie poussant déjà à l’isolation ne pourrait qu’empirer, les relations seraient mises en péril et un besoin de développer ce qui n’est plus ni moins qu’une habitude de consommation de drogue en cachette se ferait sentir.

Transformer les patients en criminel

  • Le contre-argument : le cannabis est-il vraiment sans risque ?

Bien sûr, certaines inquiétudes au sujet de la légalisation du cannabis sont légitimes, même si elles sont souvent amplifiées au-delà de toute vérité.

Tandis que les meilleurs arguments en faveur de la légalisation du cannabis se concentrent sur son implication médicale, il en va de même pour les personnes exigeant plus de contrôle. De nombreuses études enquêtent sur les potentiels bienfaits médicaux[3] du cannabis, mais de la même manière, il semble que le cannabis pourrait avoir un effet négatif sur la santé. Chez les personnes jeunes et prédisposées à la schizophrénie, la consommation de cannabis semble augmenter le risque de psychose[4]. De la même manière, l’amincissement des lobes frontaux[5] est évident chez les consommateurs chroniques.

Donc pour être clair, dire à tout le monde de consommer autant de cannabis qu’ils le souhaitent ne serait vraiment pas approprié. Pour autant, ces effets négatifs sont-ils suffisants pour empêcher des malades d’accéder à un potentiel traitement ?

  • Le cannabis médical de nos jours : comment est-il en train de changer ?

Il est agréable de croire que finalement, c’est la vérité qui l’emportera. Malgré les poches de résistances qui demeurent, le consensus général semble porter sur le fait que le cannabis est probablement sans grand danger, qu’il ne s’agit pas d’une plante diabolique qui se nourrit des enfers pour venir encourager l’humain aux orgies les plus dépravés entre (ciel, protégez-nous…) personnes d’origines différentes.

Les preuves s’accumulent depuis un bout de temps maintenant en faveur des potentielles applications médicales du cannabis. Aux USA, de nombreux états ont légalisé la consommation médicale et récréative du cannabis. Le Canada a totalement légalisé son usage, tout comme l’Uruguay. En Europe, la consommation récréative en Espagne, au Portugal et en Hollande est décriminalisée. La consommation médicale est quant à elle désormais légale d’une certaine manière dans la plupart des pays européens (bien que cela ne concerne que les variétés uniquement CBD dans certains cas).

De plus, les plants de cannabis considéré comme « chanvre » (dès qu’ils contiennent moins de 0,3 % de THC selon la loi fédérale américaine et 0,2 % de THC selon la loi européenne) sont largement disponibles en Occident, ce qui a provoqué un véritable boom dans la consommation d’autres cannabinoïdes tels que le CBD.

Alors, même si nous sommes bien loin d’une légalisation à grande échelle pour certains pays, le cannabis n’a jamais été aussi disponible depuis très longtemps.

Les sommes générées ne mentent pas et s’il y a bien quelque chose qui fait réfléchir les gouvernements, c’est la promesse de revenus. Les investissements dans l’industrie du cannabis n’ont jamais été aussi élevés. Londres, par exemple, attire actuellement les capitaux les plus liés au cannabis en Europe, cela même si le cannabis riche en THC reste toujours illégal au Royaume-Uni. Si les grandes entreprises commencent à réclamer un assouplissement de la législation sur le cannabis, il est probable que les gouvernements adoucissent soudainement leur attitude.

Le cannabis médical de nos jours : comment est-il en train de changer ?

Consommation responsable du cannabis médical

Il est primordial pour les personnes souhaitant consommer du cannabis médical de le faire d’une manière salubre et responsable. Il en va de même que pour tout autre médicament. Pour les personnes qui ont la chance de pouvoir choisir les produits consommés alors ce sont ceux avec un ratio 1:1 THC:CBD qui montreront les effets les plus équilibrés, le CBD étant considéré comme capable de mitiger[6] certains effets négatifs associés au THC.

Même si le cannabis est souvent associé aux spliffs, joints et bangs, sachez que fumer n’est pas la seule manière d’en profiter. En effet, si vous consommez du cannabis pour ses bienfaits sur votre santé, alors vous n’avez surement pas envie de respirer de la matière en combustion. Si c’est possible, préparer et consommer des produits comestibles, extraits ou teintures est une manière bien plus viable de profiter du cannabis sans les effets négatifs liés à la fumée (qui sont présents même sans tabac).

En termes de posologie, commencez par peu. Certaines variétés/produits cannabiques sont bien plus puissantes que d’autres, si votre tolérance est faible, alors allez-y doucement et voyez ce que cela donne. Même si de fortes doses ne sont pas nécessairement dangereuses, des maux de ventre et une sensation générale de gêne sont des effets secondaires classiques d’un surdosage de cannabis et ces derniers sont surement contreproductifs !

Se débarrasser de la stigmatisation du cannabis médical : ce que le futur nous réserve

Même si le monde actuel regorge de problèmes, il semble juste de dire que nous vivons aussi à une époque ou certaines personnes reconnaissent les droits des individus. En effet, la culture occidentale est basée sur le concept des droits individuels, de l’agentivité de l’individu et de la responsabilité des individus envers les autres individus.

Même si ces concepts peuvent paraitre quelque peu naïfs, il faut nous poser les questions suivantes : est-ce qu’interdire une plante généralement sans danger et disposant d’un potentiel médical est en accord avec ces idées ? Les individus ne devraient-ils pas être à même de décider par eux-mêmes d’essayer ou non le cannabis médical comme potentiel traitement pour leurs conditions sans le risque de subir des peines de prison ou des jugements de la part de la société ?

Étant donné la portée supposément libérale de nos sociétés, la prohibition n’est-elle pas aussi étrange qu’insensée ?

Sources Externes
  1. SAGE Journals: Your gateway to world-class journal research https://journals.sagepub.com
  2. A qualitative review of cannabis stigmas at the twilight of prohibition https://www.ncbi.nlm.nih.gov
  3. Therapeutic Effects of Cannabis and Cannabinoids - The Health Effects of Cannabis and Cannabinoids - NCBI Bookshelf https://www.ncbi.nlm.nih.gov
  4. Cannabis use and the risk of developing a psychotic disorder https://www.ncbi.nlm.nih.gov
  5. Long-Term Effects of Cannabis on Brain Structure https://www.ncbi.nlm.nih.gov
  6. A systematic review of the antipsychotic properties of cannabidiol in humans - PubMed https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
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